Près de 60 civils ont été tués en trois jours dans une série d’attaques attribuées aux rebelles de l’Allied Democratic Forces (ADF) dans les territoires de Beni et de Lubero, au Nord-Kivu.
La plus récente a eu lieu samedi 16 août 2025 dans le quartier Mbimbi, à Oïcha, chef-lieu du territoire de Beni. Selon des témoins, des assaillants armés ont pénétré dans la cité vers 21 heures, tuant au moins neuf personnes et incendiant une dizaine de maisons. Des images macabres circulant sur les réseaux sociaux témoignent de la violence de l’assaut. L’attaque a provoqué un déplacement de plusieurs habitants vers d’autres zones jugées plus sûres.
Quelques jours plus tôt, au moins 47 civils avaient péri dans le secteur de Bapere, territoire de Lubero, lors de massacres perpétrés dans les villages Ekenge, Melia et Bapaitumba. Les victimes ont été tuées à l’arme blanche et par balles. Une journée de deuil a été décrétée ce lundi 18 août par les autorités locales.
Ces violences interviennent après la destruction d’une importante base des ADF en Ituri par une opération conjointe des armées congolaise et ougandaise. Selon le chef de secteur de Bapere, les massacres seraient des représailles à ces offensives.
L’armée congolaise (FARDC) estime que les ADF cherchent à « se venger sur les civils pour désorienter les forces loyalistes ». Le porte-parole du secteur opérationnel Sukola 1, le lieutenant Marc Elongo, a réaffirmé la détermination de l’armée à « anéantir ces terroristes » et appelé la population à « accompagner l’action des forces régulières ».
Outre le lourd bilan humain, ces attaques entraînent de graves conséquences socio-économiques : villages vidés, maisons et champs abandonnés, routes rendues impraticables.
Henock Kalonji